série "Moires & Mémoires des Eaux"

 
D'une manière générale, peut-on dire que le reflet est à l'image ce que l'écho est au son ?

Oui, sauf que le reflet sur-aquatique prend souvent des libertés inattendues. Au moindre mouvement d'une brise ou d'un courant, il déforme la réalité  jusqu'à inventer un autre monde. On est face à une nouvelle vision que j’appelle « Réalité Suggestive », puisqu’elle est à la fois concrète et sujette à interprétations.

Comment définir cette nouvelle image du monde à la fois réelle et fantasmatique que vous avez choisi de nous montrer?

Le spectacle des reflets sur-aquatiques est une invitation onirique, une incitation au voyage.  Si on se laisse emporter par la sensation d'étrangeté, on arrive bientôt dans les écheveaux du rêve.
Celui qui n'a pas joui au moins une fois du délicieux spectacle des reflets sur l’eau n'a pas non plus vécu le pouvoir de cette peinture naturelle, de cette vibrante aquarelle à la fois humide et brillante, diaphane et colorée  


 L’eau comme une métaphore de la peinture ?
Les images offertes par les reflets sur-aquatiques deviennent de l'Art au sens où l'art redéfinit la réalité.
L’eau est comme le révélateur d'un monde dissimulé, un monde fantasmatique qui se fait et se défait à chaque seconde sous l'effet conjugué de la lumière, du vent ou du passage inopiné d'un nuage, un oiseau ou un bateau. Les reflets sur-aquatiques sont pour moi autant de tableaux à saisir puis à composer.

 
D’où cette dualité entre le rêve et la réalité qui caractérise toutes vos œuvres photographiques ?

Avec cette série je donne surtout à rêver car dés qu'on s'approche de l'eau on quitte la réalité. Cette poésie aquatique sans cesse en mouvement, changeante d'une seconde à l’autre, hante mon désir de beauté et obsède mon œil de photographe.

 
 
entretien du 10/11/21